Ô Gravel Special ride vallées du Tarn et de l’Agout

Les prévisionnistes ne s’y sont pas trompés : c’est plutôt rare pour la saison, mais pour ce deuxième rendez-vous de l’année avec les membres d’Ô Gravel, la météo était au rendez-vous ! Des températures un peu fraîches au réveil mais le soleil était bien au rendez-vous dès les premières heures de la matinée et après dissipation progressive de quelques nappes de brouillard à proximité des cours d’eau : voilà qui donne envie de sauter sur sa monture et de rejoindre les ami(e)s au point de rencontre fixé, près de la gare de Saint-Sulpice-la-Pointe, dans le Tarn. Certains se sont même levés un peu plus tôt pour s’y rendre à vélo, histoire d’arrondir leur kilométrage et d’arriver suffisamment échauffés pour enchaîner avec l’un des deux circuits proposés pour cette Special Ride.

Quand les membres d’Ô Gravel expriment un souhait légitime, ils sont, dans la mesure du possible, écoutés. Pour permettre aux plus costauds de la meute de se faire plaisir et de s’exprimer sans retenue sur le circuit long de 92 km et en même temps partager un large secteur commun avec celles ou ceux qui réservent leur choix pour la boucle de 60 km, Thierry a cette fois imaginé un itinéraire partagé sur près de 50 km. Chacun peut donc y trouver son compte et c’est aussi pourquoi, une fois n’est pas coutume, ce reportage s’écrit à quatre mains.

Un beau soleil, très peu voire pas de vent du tout, une belle bande d’ami(e)s, donc toutes les conditions semblent réunies pour passer une journée de rêves… À un tout petit point de détail près : il a beaucoup plu les jours précédents et là encore, pas de grande surprise, le terrain de jeu va s’avérer particulièrement gras. Certains ont prévu le coup et ont opté pour le VTT et ses gros boudins, d’autres plus optimistes, puristes ou tout simplement parce qu’ils n’avaient pas d’autre choix, sont restés au vélo de Gravel.

Boucle de 60 km

La traversée de la ville pour rejoindre Roquesérière se fait sans encombre en empruntant une piste cyclable et quelques routes secondaires bien propres et roulantes sur les 8 premiers kilomètres. Ça se complique un peu en empruntant le Chemin de la Salle Haute. Nous y sommes déjà passés à plusieurs reprises lors de précédentes aventures et la montée vers l’antenne qui se trouve au sommet de cette colline par un chemin assez abrupt, caillouteux et défoncé constitue une bonne mise en jambes. La descente pour revenir sur la route de la gare un peu avant l’entrée du village nous mène ensuite sans effort vers Sallebasse puis Engaulene mais c’est aussi là que commencent les premiers passages boueux. Un peu de goudron pour revenir une nouvelle fois vers Roqueseriere avant d’obliquer en direction d’Azas en alternant chemins et portions bitumées. La côte de Sansou au km 19 comporte un bref passage à 11% et continue à grimper plus en douceur jusqu’au lieu-dit Bélusset avant de continuer sur la route de Garrigues. Nous passons ensuite par la Brasserie Tanis, l’un de nos partenaires historiques de la première heure mais cette fois-ci, point de halte pour une petite dégustation de bière artisanale.

Les portions de routes communales ont beau être assez nombreuses et relativement longues, les chemins sont très gras et difficilement praticables, tant et si bien que domine finalement le sentiment d’y passer bien plus de temps que la réalité. Le plus difficile n’est pas de slalomer entre les flaques quand il y a de la place mais bel et bien de rouler dans l’herbe sur un terrain spongieux à souhait : c’est terriblement énergivore !
Mais ce n’est encore rien par rapport à ce qui nous attend, une fois que nous dépassons Saint-Lieux-lès-Lavaur à commencer par un bon petit mur à 13% après être passés sur l’autre rive de l’Agout, un affluent du Tarn. Sur le plan historique et culturel, la commune est dans l’ancien Pays de Cocagne, lié à la fois à la culture du pastel et à l’abondance des productions, et grenier à blé du Languedoc. Avant de monter à Giroussens, je me suis laissé décrocher par les quelques copains que j’ai réussi à suivre tant bien que mal jusqu’ici dans l’espoir de pouvoir remplir mon bidon au cimetière de la commune mais j’ai vite déchanté en voyant le panneau mentionnant que l’eau n’était pas potable. Fort heureusement, moins de deux kilomètres plus loin, j’ai fini par retrouver le peloton et j’ai pu ravitailler en eau. Un grand merci à Marcel : en lisant ces lignes il saura de quoi je parle ici.

Après une courte pause déjeuner dont le repas est tiré du sac (au passage, un grand merci à mon ami Marcel, il saura pourquoi en lisant ces lignes), nous repartons pour le morceau d’anthologie de la boucle de 60 km, à savoir la traversée d’est en ouest de la Forêt de Giroussens. Nous rencontrons une succession de flaques d’eau, certaines plutôt profondes et presque toutes assez larges pour n’offrir aucune autre alternative que de passer au milieu sans trop réfléchir. Les ornières creusées par les engins agricoles ne manquent pas non plus et il faut bien choisir sa trajectoire pour rester en selle. Jusqu’ici et à mon grand étonnement, j’y suis parvenu tant bien que mal avec mes gros pneus bien cramponnés et j’en étais à me demander comment faisaient mes collègues de galère pour passer avec des roues de 40 mm bien plus lisses que les miennes. 

À quelques coups de pédales du Bois d’Entosque qui devait être le point de séparation des deux boucles, celui qu’on pourrait appeler Louis XIV (…en référence au roi [du] soleil) ne faillit pas à sa réputation et finit les quatre fers en l’air entre l’ornière dont il essayait de sortir et la mare de boue qui a amorti sa chute. Vous aurez compris à qui je fais ici allusion : c’est évidemment ma pomme ! J’avais oublié d’arrêter la caméra d’action fixée sur mon cintre et la scène a donc été enregistrée en direct mais malheureusement pour mes lecteurs que je devine sourire, la vidéo ne donnera pas un résultat exploitable, le mode de prise de vue étant accidentellement resté sur ralenti. Dommage !

Huit d’entre nous ont choisi d’en rester là pour cette fois et de revenir plus ou moins tranquillement sur Saint-Sulpice, le point de départ tandis que les autres, président en tête, ont poursuivi la seconde partie de la boucle de 92 km et je lui cède ici la plume pour qu’il nous relate comment cela s’est passé, puisque je n’y étais pas.

Jacques

92 km et détour particulier …

Départ donné pour 22 membres de l’association (dont 2 filles, merci à elles) en gare de Saint-Sulpice-sur-Tarn, certains sont venus en vélo et repartiront de même, d’autres en voiture, certains devaient venir en train mais le train prévu a été annulé, ils ont donc vite enfourché leurs vélos pour être à l’heure (le train sera bien là pour le retour).

Deux circuits au programme et une variante : 60 km, 92 km et le détour possible par Montans pour un passage bien particulier …

Quand on pratique le VTT ou le Gravel, il n’est pas évident de trouver des terrains secs dans notre région en hiver, j’ai donc tracé une balade cyclo-Gravel sur les chemins agricoles entre Saint-Sulpice, Buzet-sur-Tarn, Saint-Lieux-les-Lavaur, Montans avec des détours sur les coteaux du côté de Roquesérière, Azas, Giroussens, et pour le 92 km Parisot et Puybegon bien connu des cyclos du coin … La balade a alterné petites routes, pistes agricoles herbeuses, pistes blanches, sentiers en sous-bois … Les terrains étaient très humides, voire regorgeant d’eau, point positif : la terre n’a pas collé mêmes si vélos et pilotes ont été bien crottés … Quelques jolies glissades aussi … Les pistes blanches bien exposées étaient par contre sèches.

On salit moins sur route, c’est vrai, mais quand il a beaucoup plu, on ramasse aussi sur le goudron …
Quand je pratiquais exclusivement le VTT, je rechignais à sortir en hiver, je sais pourquoi je rechigne moins en Gravel : tout simplement car je roule plus longtemps et sur plus de distance, le ratio temps passé à nettoyer le vélo, le pilote et les vêtements / temps passé sur le vélo est plus intéressant …

Ce coin est très joli, aux portes de la Cocagne, et varié quand on prend un peu de hauteur avec de jolies vues sur les vallées ou les massifs au loin : Pyrénées, Montagne Noire, Haut-Languedoc, Grésigne …

Les « vieux » dont je fais partie ont encore de beaux jours devant eux : nous sommes partis à deux pour la petite variante de Montans pour aller voir les deux tunnels qui amènent les eaux des ruisseaux du Rieutord et de Banis vers le Tarn, très ludiques à passer en saison estivale car le niveau d’eau n’y est vraiment pas haut.

Les alpinistes ont leurs premières hivernales, je pense pouvoir affirmer avoir accompli la première hivernale de ce passage, avec un tel niveau d’eau et ce courant, je n’ai pas pu continuer dans le lit du ruisseau après le deuxième tunnel pour aller récupérer le chemin qui passe sur la rive du Tarn (de l’eau jusqu’au cuisses), belle session de bartassage à travers un roncier (pas épais mais bien pentu) pour le rejoindre … Le « jeune » qui m’accompagnait s’est dégonflé !
Attention donc si vous récupérez cette trace, attention aussi, il faut passer juste à côté de ruches pour accéder aux tunnels … Si vous y aventurez tout de même, « à vos risques et périls » …

Négligence … Les conditions hivernales quand il pleut ou que les terrains sont gras ou mouillés peuvent mettre à rude épreuve le matériel. Mes dernières sorties ont été très humides, les plaquettes de frein en souffrent, j’avais changé les plaquettes arrières et avait programmé le changement des plaquettes avants d’ici une quinzaine de jours, erreur : elles ont perdu le peu de matière restant assez rapidement aujourd’hui, j’ai donc terminé sans frein avant, obligé de les enlever (les pistons étant trop sortis) pour terminer la balade, c’est peut-être aussi pour cela que je n’ai pas rechigné à faire cette première hivernale, je ne m’amuserai pas tous les jours à ça …

Je roule souvent dans ce coin tout proche de la maison, j’apprécie sa variété, j’apprécie y rouler en bonne compagnie comme cela a été le cas aujourd’hui, merci à tous, nous y reviendrons en belle saison pour mieux en profiter encore ou pour un nocturne ride sous une pleine lune, pour profiter des pistes dégagées et alterner avec ces jolis sous-bois …

Mention très gourmande et spéciale : passez par la Maison Durand, pâtissier à Saint-Sulpice, vous ne regretterez pas le détour !

Thierry

La trace du 92 km et du détour par Montans (102 km) :

https://www.visugpx.com/1yZRvJEio9

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