Deuxième édition des challenges ariégeois (plus précisément couseranais) +2000 / +3000.

Bien plus que cette idée de cumuler un dénivelé positif de + 2000 m ou + 3000 m il y a l’envie de faire découvrir aux membres de l’association qui s’y engagent ce superbe coin d’Ariège qu’est le Couserans (on déborde un peu) : coin sauvage, rude, dur à rouler même si on peut trouver de très belles pistes forestières qui parcourent les massifs …
12 membres se sont retrouvés ce samedi matin pour se frotter à ces deux parcours exigeants, dont 3 qui sont partir plus tôt pour cumuler les 3000 m de D+ avec au programme la montée au Col de la Core par les forestières du Col du L’Arrech, la montée aux pâturages d’Arp sous le Bouirex, la descente sur la vallée de Seix par le Col de l’Artigue, la montée par les forestières au Col d’Ayens puis de la Crouzette pour redescendre vers la V81 Voie Verte du Piémont pyrénéen, Saint-Girons et revenir au point de départ à Villeneuve, en vallée de Bellongue, par le GR 78.



Le challenge + 2000 m sur lequel j’étais engagé n’a pas manqué de croustillant (le D+ et la manière, je l’ai tracé et c’est voulu, l’Ariège, le Couserans en particulier, mérite sa dénomination de Terre Courage, il faut se le gagner) : toutes les montées à plus de 10 %, beaucoup autour des 15 %, quelques murs autour des 20% avec une mise en chauffe très rapide par la montée au Col de la Croix de Bourrudech depuis Argein pour la vue sur la Valier et la descente vers le très pittoresque village d’Arrout. Nous avons ensuite suivi le GR 78 (très technique au-dessus d’Engomer) que nous avons quitté au-dessus de Moulis (montée ardue) pour rejoindre le Col de Belein, superbe col entre Bellongue et piémont. De là une belle liaison sur piste nous a conduits à Prat-Bonrepaux. De là, nous devions faire une petite incursion vers le Volvestre par de belles forestières pour rallier Salies-du-Salat. Nous avons décidé (et pour une fois j’avoue que cela me convenait très bien, je n’étais pas en grande forme ce matin) de réduire la balade pour aller chercher directement depuis Urau les forestières de Montreich puis de Saleich pour basculer ensuite sur Le Sarrat et la Balaguère. Superbes forestières et superbe bascule au soleil, ciel dégagé et vue sur le massif du Valier et la chaîne, sur la vallée de Balagué, belle et authentique.
Le Sarrat de Balagué est l’exemple de ce qu’on appelle un écart pastoral.




Le toponyme Sarrat est très répandu dans les Pyrénées gasconnes. Il vient de l’occitan sarrat, lui-même issu du latin serra, qui signifie « crête », « ligne de hauteur » ou « dos de colline ». On retrouve ce nom dans des dizaines de communes de l’Ariège et de la Haute-Garonne.
Le Sarrat de Balaguères désigne donc simplement la crête située au-dessus du village.
Pourquoi autant de granges ?
Ces bâtiments ne sont pas des granges au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Ce sont des granges foraines, caractéristiques du Couserans.
Pendant des siècles, les familles de Balagué vivaient selon un système agro-pastoral très organisé.
L’année était rythmée par plusieurs niveaux d’occupation : le village, où l’on passait l’hiver, les granges foraines, entre 700 et 1 100 mètres d’altitude, utilisées au printemps et à l’automne, les estives, plus haut en montagne, occupées pendant l’été.
Les granges du Sarrat constituaient donc un étage intermédiaire entre le village et les pâturages d’altitude.
À quoi servaient-elles ?
Chaque grange appartenait généralement à une famille du village. Elle remplissait plusieurs fonctions : abriter les vaches ou les brebis, stocker le foin récolté sur les prés voisins, permettre aux agriculteurs de vivre plusieurs semaines sur place pendant les travaux agricoles, éviter les allers-retours quotidiens avec le village.
Beaucoup comportaient un petit logement très sommaire à l’étage ou dans une pièce attenante : cheminée, banc, paillasse, parfois un évier en pierre.
Ce qui est remarquable au Sarrat, c’est que les bâtiments sont éparpillés, chacun au centre des terres qu’il exploitait.
Cette dispersion permettait de limiter les déplacements, de surveiller les animaux, de récolter rapidement le foin lorsque la météo devenait menaçante.
Les granges sont construites avec les matériaux locaux : murs en schiste ou en gneiss selon les secteurs, charpente en sapin ou en hêtre, couverture en ardoises épaisses, ouvertures réduites afin de conserver la chaleur.
Le grand volume intérieur permettait de stocker plusieurs dizaines de tonnes de foin.
Certaines possèdent encore les anciennes trappes par lesquelles on faisait tomber le foin vers les animaux.









Après les années 1950, cette organisation disparaît progressivement.
Les raisons sont nombreuses : mécanisation de l’agriculture, diminution du nombre d’exploitations, exode rural, création de routes permettant d’accéder plus facilement aux estives.
Beaucoup de granges sont alors abandonnées. Plusieurs ont été restaurées, parfois comme résidences secondaires, souvent avec beaucoup de respect pour leur architecture.
Le Sarrat n’est pas un cas isolé. On retrouve ces ensembles de granges sur de nombreux versants du Couserans, notamment vers Bethmale, Sentein, Ustou ou la vallée du Biros. Ils témoignent d’une économie montagnarde où chaque mètre carré de prairie était précieux. Dans une région où les hivers étaient longs, la quantité de foin récoltée conditionnait directement le nombre d’animaux que l’on pouvait conserver jusqu’au printemps.



La vallée de Balagué est aussi connue pour le film « Le Retour de Martin Guerre » avec Nathalie Baye, Gérard Depardieu et Bernard-Pierre Donnadieu qui s’inspire d’une histoire qui s’est vraiment passée au XVIème siècle mais à Artigat, dans la vallée de la Lèze. Le village de Balagué avait été choisi pour son authenticité.
L’histoire : Martin Guerre quitte son village pendant plusieurs années. Un homme revient en affirmant être Martin. Il connaît la famille, les habitudes, les souvenirs d’enfance… tout semble confirmer son identité. Sa femme, Bertrande, finit par accepter cet homme. Mais des doutes apparaissent. S’ouvre alors l’un des procès les plus célèbres de la Renaissance française, présidé par le juriste Jean de Coras, professeur à l’université de Toulouse. Le rebondissement final est devenu un classique de l’histoire judiciaire française : le véritable Martin Guerre réapparaît au moment où l’imposteur est sur le point d’être reconnu comme le véritable époux.
La fin de la balade s’est faite au plus près du Lez après Alas, à travers prés …


Une superbe balade, au soleil, pour les paysages, les villages, les panoramas rencontrés et exigeante pour cette alternance de pistes roulantes et de passages plus techniques … Bravo et merci à tous (avec bien sûr une mention spéciale à Dominique, Florent et Julien qui ont bouclé le + 3000) pour la bonne compagnie et l’attente … La trace cumule bien les 2000 m de dénivelé positif malgré ce qui est affiché, tous les camarades engagés sur cette balade ont bien ces 2000 m, pour ma part, est-ce pour me punir de na pas avoir été en forme (je suis peut-être aussi parti beaucoup trop couvert, j’ai exposé) ou alors un de mes camarades aurait-il piraté mon GPS pour perturber ses calculs, je soupçonne bien l’un d’entre eux …
Photos et vidéos partagées.
Thierry
La trace / The track : https://www.visugpx.com/KXLJ5d6Ci8
Ô Gravel Mountain Challenges +2000 / +3000 – Also in English
The second edition of the Ariège (more specifically, Couserans) +2000 / +3000 challenges.









Far more than simply the idea of racking up a total elevation gain of +2,000 m or +3,000 m, there is a desire to introduce the association’s members who take part to this superb corner of Ariège known as the Couserans (we’re straying a little beyond its boundaries): a wild, rugged area, tough going on two wheels, even though there are some lovely forest tracks criss-crossing the mountain ranges…
Twelve members met up this Saturday morning to tackle these two challenging routes, three of whom set off earlier to complete the 3,000 m of elevation gain, with the programme including the ascent to the Col de la Core via the forest tracks from the Col du L’Arrech, the climb to the Arp pastures below the Bouirex, the descent into the Seix valley via the Col de l’Artigue, the climb along the forest tracks to the Col d’Ayens and then on to La Crouzette, before descending towards the V81 Greenway of the Pyrenean Piedmont, Saint-Girons, and returning to the starting point at Villeneuve, in the Bellongue valley, via the GR 78.
The +2,000 m challenge I’d signed up for certainly had its thrills (the elevation gain and the route – I mapped it out myself and that was deliberate; the Ariège, and the Couserans in particular, truly deserve their nickname ‘Terre Courage’ – you have to earn it): all the climbs were over 10 per cent, many around 15 per cent, with a few ‘walls’ around 20 per cent – and things got off to a flying start with the climb up to the Col de la Croix de Bourrudech from Argein, offering views over the Valier and the descent towards the very picturesque village of Arrout. We then followed the GR 78 (very technical above Engomer), which we left above Moulis (a gruelling climb) to reach the Col de Belein, a superb pass between Bellongue and the foothills. From there, a lovely stretch along a track took us to Prat-Bonrepeaux. From there, we were due to make a short detour towards the Volvestre via some lovely forest tracks to reach Salies-du-Salat. We decided (and for once I must admit that suited me down to the ground – I wasn’t feeling my best this morning) to shorten the ride and head straight from Urau onto the forest tracks at Montreich and then Saleich, before switching over to Le Sarrat and La Balaguère. Stunning forest tracks and a superb walk in the sunshine, with clear skies and views over the Valier massif and the mountain range, as well as the Balagué valley – beautiful and unspoilt.




Le Sarrat de Balagué is a prime example of what is known as a ‘pastoral hamlet’.
The place name ‘Sarrat’ is very common in the Gascon Pyrenees. It comes from the Occitan word ‘sarrat’, itself derived from the Latin ‘serra’, meaning ‘ridge’, ‘high ground’ or ‘hillside’. This name is found in dozens of communes in Ariège and Haute-Garonne.
The Sarrat de Balaguères therefore simply refers to the ridge situated above the village.
Why so many barns?
These buildings are not barns in the sense we understand them today. They are ‘granges foraines’, characteristic of the Couserans region.
For centuries, the families of Balagué lived according to a highly organised agro-pastoral system.
The year was structured around several levels of habitation: the village, where people spent the winter; the ‘granges foraines’, at altitudes of between 700 and 1,100 metres, used in spring and autumn; and the summer pastures, higher up in the mountains, occupied during the summer.
The Sarrat barns therefore served as a halfway point between the village and the high-altitude pastures.
What were they used for?
Each barn usually belonged to a family from the village.
It served several purposes: to shelter cows or sheep, to store hay harvested from the neighbouring meadows, to enable farmers to live on site for several weeks during the farming season, and to avoid daily journeys back and forth to the village.
Many included a small, very basic living area upstairs or in an adjoining room: a fireplace, a bench, a straw mattress, and sometimes a stone washbasin.
What is remarkable about Le Sarrat is that the buildings are scattered, each situated in the centre of the land it farmed.
This dispersion helped to minimise travel, keep an eye on the animals, and harvest the hay quickly when the weather turned threatening.
The barns are built using local materials: walls of schist or gneiss depending on the area, a framework of fir or beech, a roof of thick slates, and small openings to retain heat. The large interior volume allowed for the storage of several dozen tonnes of hay.
Some still have the old hatches through which hay used to be dropped down to the animals.
After the 1950s, this way of organising things gradually disappeared.
There were many reasons for this: the mechanisation of agriculture, a decline in the number of farms, rural depopulation, and the construction of roads providing easier access to the mountain pastures.
Many barns were subsequently abandoned. Several have been restored, sometimes as holiday homes, often with great respect for their architectural heritage.
Le Sarrat is not an isolated case. These clusters of barns can be found on many of the slopes of the Couserans, particularly around Bethmale, Sentein, Ustou and the Biros valley. They bear witness to a mountain economy in which every square metre of meadow was precious. In a region where winters were long, the amount of hay harvested directly determined the number of animals that could be kept until spring.
The Balagué Valley is also known for the film *The Return of Martin Guerre*, starring Nathalie Baye, Gérard Depardieu and Bernard-Pierre Donnadieu, which is based on a true story that took place in the 16th century – though in Artigat, in the Lèze Valley. The village of Balagué was chosen for its authenticity.
The story: Martin Guerre leaves his village for several years. A man returns claiming to be Martin. He knows the family, their habits, childhood memories… everything seems to confirm his identity. His wife, Bertrande, eventually accepts this man. But doubts begin to arise. This marks the beginning of one of the most famous trials of the French Renaissance, presided over by the jurist Jean de Coras, a professor at the University of Toulouse. The final twist has become a classic in French legal history: the real Martin Guerre reappears just as the impostor is about to be recognised as the true husband.
The ride ended right by the Lez river just past Alas, through weadows …
A superb ride in the sunshine, thanks to the scenery, the villages and the panoramic views we encountered, and a challenging one due to the mix of smooth tracks and more technical sections… Well done and thank you to everyone (with, of course, a special mention to Dominique, Florent and Julien who completed the +3000) for the great company and for waiting… The route does indeed clock up 2,000 metres of elevation gain, despite what’s shown on the map; all my mates who took part in this walk clocked up those 2,000 metres. As for me, is this to punish me for not being in good shape (I may also have set off wearing far too many layers, as I mentioned), or could one of my mates have hacked my GPS to mess with its calculations? I do suspect one of them…
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Thierry
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