Ô Gravel Family et Special rides Seuil de Naurouze et un peu plus

Commençons par une mise au point d’importance car certaines rumeurs se diffusent : non, je ne mens pas quand j’annonce un parcours « plat » ! Pour preuve le parcours du jour, en tout cas pour le Family ride, puisqu’il a suivi la Rigole de la Plaine du Seuil de Naurouze au Lac du Lenclas.

Je pense que l’on peut étendre ce constat à d’autres régions de France : dans la région toulousaine, nous sommes plutôt gâtés en sites naturels ou patrimoniaux remarquables, certains tout proches de la grande agglomération.

Le Lauragais est à la fois un territoire très nature et empreint d’histoire, le Canal du Midi en est un axe central.

Nous venons régulièrement au Seuil de Naurouze, point de partage des eaux (c’est là qu’elles partent soit vers Toulouse et l’Atlantique, soit vers Carcassonne et la Méditerranée). C’est là que Riquet eut l’idée d’acheminer les eaux de la Montagne Noire via une rigole pour alimenter son canal.

« Louis XIV régnant
Colbert étant son ministre
Ici
L’an 1665
P.-P. Riquet s’empare des eaux
de la Montagne Noire
les conduit à Naurouze
et résout le grand problème
de la jonction des deux mers
L’an 1666
Seul, il ose entreprendre ce grand ouvrage
et répond du succès
L’an 1681
des barques chargées passent
de l’Océan à la Méditerranée
 »

En 1825, un obélisque fut érigé en mémoire de Riquet, construit sur les « pierres de Naurouze » : les « peiras enaurosas », « pierres exposées à tous les vents » chantées par les troubadours du Moyen-Âge. La légende dit que lorsqu’elles se toucheront, la fin du monde sera proche …

Rendez-vous donné samedi matin pour une première partie de balade commune au Family et au Special le long de la Rigole de la Plaine jusqu’au Lac du Lenclas. Le parcours est tout le long ombragé, bucolique, il faut tout de même faire attention aux quelques racines affleurantes … 18 membres de l’association étaient là, dont 3 invités. Si vous souhaitez découvrir ce que nous proposons, l’esprit Ô Gravel, n’hésitez pas à venir une fois pour voir, il suffit de consulter la page calendrier de notre site et de nous contacter.

Pour le Family le retour s’est fait par le même chemin, le Special a pris un peu de hauteur vers Les Cassès et le Mémorial cathare pour rejoindre ensuite Montmaur, Avignonet-Lauragais, ses éoliennes et son clocher qui se voit de très loin dans la vallée du cabal et de l’Hers, Montferrand et son phare de l’Aéropostale. Quelques bons coup-de-culs ont agrémenté ce parcours.

Bravo à nos deux benjamins du jour, Jeanne et Jules, qui viennent maintenant régulièrement et ont un bon coup de pédale. Le Family ride a été un peu plus long que les distances habituelles pour ces parcours : le lac du Lenclas était incontournable …

Mention spéciale à Viviane qui a dû faire face juste avant Montmaur sur le Special ride à un pépin mécanique assez particulier : la tête du câble de dérailleur avant a cassé dans la manivelle (défaut sur le câble, frottement avec les engrenages dans la manivelle ?), nous avons une solution pour bloquer le dérailleur en position assez haute sur la cassette, elle a pu aborder les montées plus facilement mais par contre sur le plat attention à ne pas trop mouliner …

Le Mémorial cathare des Cassès a été placé là en 2011 en commémoration des 800 ans du bûcher des Cassès et pour rappeler tous les bûchers du Lauragais. Le site propose aussi un très beau panorama.
Le village, avec son château fort, était une place importante qui dépendait du Comté de Toulouse. En 1211, lors de la croisade albigeoise, la cité a été assiégée par Simon de Montfort et son armée. Prise au piège, la garnison négocia sa liberté en échange des hérétiques qu’elle accueillait. Après avoir converti une cinquantaine d’entre eux, les évêques menant cette croisade, laissèrent le sort des nombreux derniers hérétiques aux mains de l’armée qui les brûlèrent vifs.
Par la suite, on rasa toutes les fortifications ainsi que le château. Ce dernier sera reconstruit par le Comte de Toulouse, et en 1235 on y plaça les inquisiteurs pour chasser les derniers hérétiques.
Avignonet-Lauragais occupe une place singulière à cette époque : contrairement à de nombreuses localités voisines acquises au catharisme, le bourg reste majoritairement fidèle à l’Église catholique au XIIIᵉ siècle. Il devient même un point d’appui pour l’Inquisition.
En 1242 s’y déroule un épisode marquant : le massacre des inquisiteurs, dont Guillaume Arnaud, tués par des chevaliers favorables aux cathares venus de Montségur. Cet événement choque profondément le pouvoir royal et religieux, accélérant la répression.
Ainsi, Avignonet-Lauragais incarne moins une terre cathare qu’un lieu de tensions, révélateur de la complexité locale durant la croisade des Albigeois.

Marqué par l’histoire, le Lauragais est aussi une terre agricole, il est en partie sur les terres de Cocagne où nombreux châteaux ont été construits dès le XVIIème siècle, quand s’est développée la culture du pastel utilisé pour la teinture et vendue aux fabricants de teinture tellement cher que toute la filière du pastel devint extrêmement riche, donnant naissance à ce « Pays de Cocagne » délimité par le triangle Toulouse – Albi – Carcassonne. La cocagne était la boule de feuilles écrasées et compactées à la main par les cultivateurs de pastel. Elle était ensuite mise à sécher et vendue.

De grands noms sont associés à cette période très prospère, comme Pierre d’Assézat. Les vieux quartiers de Toulouse ne manquent pas d’hôtels de ces riches négociants. De nombreux châteaux parsèment le territoire.

Quand on prend de la hauteur, les panoramas sont superbes, sur les vallées, les Pyrénées ou la Montagne Noire.

Le territoire et deux sites en particulier sont aussi liés à l’histoire de l’aviation : les collines de Villeneuve-la-Comptal où Clement fit ses premiers essais de vols de planeurs et Montferrand avec son Le phare de l’Aéropostale de Montferrand. Construit vers 1927, il servait à guider de nuit les avions transportant le courrier entre Toulouse et l’Afrique, puis l’Amérique du Sud. Haut d’environ 11 à 12 mètres, équipé de néons visibles dans le brouillard, il émettait aussi un signal en morse.

Temps estival cette semaine, certains en ont profité pour rouler en semi-nocturne vendredi soir et bivouaquer avant de rejoindre le point de départ samedi matin. Et comme souvent, les mêmes et d’autres sont venus à vélo, soit directement le long du Canal du Midi, soit par les coteaux, le GR 653 et les très agréables chemins balisés du SICOVAL.
Sur le retour sur Toulouse, le passage au village utopiste de Saint-Rome aura été incontournable : ce village est unique dans la région, il est l’œuvre du Comte de la Panouse, héritier d’un vaste domaine, qui, à la fin du XIXème siècle fit raser l’ancien village et son église pour bâtir un village idéal et utopique, inspiré des cités ouvrières de l’époque, de ses voyages et des expositions universelles et coloniales.
On peut donc y voir des bâtisses de type mauresque, flamand, baroque ou suisse.
Les descendants n’ont conservé que le château qu’il vous sera difficile de voir.

La trace publiée ici partagée comprend l’aller du vendredi soir par les coteaux et le GR 653 à partir de Péchabou vers Montbrun-Lauragais, Noueilles, Saint-Léon, Nailloux, La Ganguise, Le Ségala et le bivouac à Avignonet-Lauragais, le Special ride et le retour vers Toulouse via Saint-Rome, Montgaillard-Lauragais, Baziège, Saint-Lautier, Belberaud, Escalquens, Saint-Orens.

Encore une belle journée Ô Gravel en très bonne compagnie ! Et les kangourous !

La trace : https://www.visugpx.com/R9WHn1Wf9T

Vidéos et photos partagées …

Thierry

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